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Cette exposition du musée des Beaux-arts s’inscrit parfaitement dans le cadre du 800e anniversaire de la cathédrale et de l’installation des vitraux de l’artiste contemporain allemand, Imi Knoebel.
Durant la période de l’entre-deux-guerres, porteuse de traditions et d’avant-gardes, la perception du vitrail va changer : le passage de vitrail de verrier à vitrail d’artiste permet alors de constater une évolution des démarches de ces derniers entre couleur et non-couleur et de constater leurs interrogations concernant le rôle de la lumière qui devient parfois "matériau" à part entière ─ ce qui influencera les œuvres de certains d’entre ─ eux de l’après-guerre à nos jours.
Quelle place donnent-ils à la couleur et à la lumière au sein d’architectures dédiées à l’art sacré ? C’est la question posée par les cinq sections que déclinera l’exposition, du 15 octobre 2011 au 26 février 2012.
Ce projet sera aussi l’occasion de présenter les dernières acquisitions du musée ainsi que les dépôts très importants de vitraux provenant du FNAC. Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication / Direction générale des patrimoines / Service des musées de France. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’État.
1ère partie. Couleur et abstractions géométrique et lyrique après 1945 Après la Seconde Guerre mondiale, un grand nombre d’artistes s’intéressent au moins une fois dans leur carrière à l’art de vitrail. Le maître verrier intervient le plus souvent comme exécutant de cartons réalisés par des artistes reconnus. Les vitraux présentés mettront en évidence différentes facettes de l’abstraction, certains ne reniant pas les apports du surréalisme et de sa dimension métaphysique : Manessier à l’église Sainte-Agathe des Bréseux, Beaudin, Poliakoff, Sima et Vieira da Silva à l’église Saint-Jacques de Reims, et plus récemment Titus Carmel et David Tremlett pour l’église de Villenauxe-la-Grande. Contrairement à l’avant-guerre, l’approche figurative s’efface souvent mais la couleur est toujours très présente. Peut-on ainsi faire l’éloge de la couleur ?
1ère partie (sous section pédagogique). Durant l’entre-deux-guerres : un nouveau souffle entre couleur et modernité Alors que durant des siècles, les maîtres verriers, à la fois artisans et artistes la plupart du temps inconnus, ont travaillé sur leurs propres cartons, la première moitié du 20e siècle est marquée par deux temps forts : l’exposition de 1925 et l’église du plateau d’Assy. On constate que les artistes proposent des cartons et travaillent de plus en plus souvent en collaboration avec des maîtres verriers. Durant les années Art déco, la plupart assume la couleur et dialogue naturellement avec celles des siècles passés. L’art sacré est alors revisité dans le cadre de la reconstruction grâce à l’engagement de Maurice Denis et George Desvallières. La place essentielle du Père Couturier sera rappelée par la présentation du vitrail Lourdes et la Guérison de Marie Lemarchand. De même, alors que 2011 correspond au 150e anniversaire de la naissance de George Desvallières, le vitrail La Vierge consolatrice, ainsi qu’un des fragments d’un de ses vitraux réalisés pour la chapelle de l’ossuaire de Douaumont seront exposés. Enfin, en ce qui concerne l’église du plateau d’Assy, véritable manifeste de l’art moderne qui marque le renouveau de l’art sacré, une réplique de la Véronique de Rouault, issue des réserves de l’atelier Bony-Hébert-Stevens, sera exposée. De même, deux des cartons de vitraux de Marc Chagall réalisés par Paul Bony pour cette église illustrent les évolutions radicales qui s’amorcent alors et marqueront les édifices religieux après 1945. La présence également de Jean Bazaine permet-elle aussi de poser la question de la couleur à l’église du Plateau d’Assy ? Les débats et désaccords de l’époque seront évoqués dans cette section pédagogique. En 1937 eut lieu la bataille des vitraux de Notre-Dame de Paris (vitrail Sainte Radegonde de Jean Hébert-Stevens). Plus tard, lors de l’installation des vitraux de Chagall à Notre-Dame de Reims les polémiques en seront l’écho probable.
2e partie. De la couleur à la lumière : Imi Knoebel La réalisation des vitraux de la cathédrale gothique de Reims constitue pour Imi Knoebel une étape concernant sa démarche ancienne sur les trois couleurs primaires : le rouge, le jaune et le bleu qui se retrouvent dans les couleurs utilisées par les maîtres verriers du Moyen âge au XIXe siècle. Le musée des Beaux-arts présentera de manière inédite une sélection d’œuvres qui depuis trente ans l’ont conduit aux nouvelles verrières de la cathédrale. Il permettra ainsi aux Rémois de connaître l’évolution de sa réflexion liée à l’abstraction géométrique. Les œuvres sélectionnées rappelleront sa fascination constante pour Mondrian et le mouvement De Stijl.
3e partie. De la lumière à la couleur : Marc Chagall Chagall est très présent dans l’histoire du vitrail à Reims non seulement par la présence des deux verrières dans la cathédrale mais aussi par son travail réalisé pour d’autres édifices religieux en collaboration avec l’atelier Simon-Marq. Chagall semble avoir complètement intégré la réalisation des vitraux à sa démarche. Il est profondément marqué par ses échanges réguliers avec Charles Marq qui influencent sa création ─ aussi bien peintures, que céramiques, dessins, ou tapisseries. Quelques œuvres significatives seront présentées dans cette section prêtées par le Comité Chagall et le musée national Message Biblique Marc Chagall de Nice. 4e partie. Saint Jacques : de la lumière au divin Vers 1950, les principaux thèmes de Joseph Sima sont l’espace et la lumière qu’il va développer inlassablement jusqu'à les sublimer en une unité absolue. C’est dans cet état d’esprit qu’il aborde les vitraux de l’église Saint-Jacques à Reims. En effet, c’est à lui qu’en 1963, les Monuments historiques et la Ville de Reims confient la réalisation de nouveaux vitraux. Sima entreprend d’abord une série d’études à l’aquarelle pour les fenêtres du chœur et de la nef principale, dont il commença la réalisation dès que les projets furent acceptés, en 1966. Charles Marq achève les dernières fenêtres du chœur, vers le transept, d’après les maquettes de l’artiste. Souffrant, effrayé aussi par l’importance des travaux, répondant aussi aux vœux de Charles Marq, Joseph Sima demande à Vieira da Silva de partager la tâche avec lui. Cette section illustre la collaboration entre ces deux artistes et le Maître verrier. Un espace spécifique rendra hommage à l’atelier rémois, de Jacques Simon à Benoit Marq. 5e partie. Lumière et non-couleur : Pierre Soulages Cet artiste contemporain majeur consacre de longues années à travailler sur un verre incolore, dit “ blanc“, translucide et non transparent, respectant les variations de la lumière naturelle. Pendant huit ans, Pierre Soulages va rechercher un nouveau verre translucide qui permettra, bien que blanc, de donner, grâce à la lumière, de douces tonalités pour les vitraux de l’abbatiale romane de Sainte-Foy de Conques : une autre manière de retrouver la couleur. "Si je peux éviter que la lumière arrive directement et la faire pénétrer sans que le spectateur aperçoive d’où elle part, les effets résultants d’un jour mystérieux produiront des effets inconcevables et, en quelque façon, une espèce de magie vraiment enchanteresse…" (Pierre Soulages, dans Verre, cartons des vitraux de Conques. Soulages, Musée Fabre, Actes Sud, février 2010).
Exposition au musée des Beaux-arts de Reims, du 15 octobre 2011 au 26 février 2012. www.reims.fr Commissariat de l’exposition : David Liot, commissaire général, directeur du musée des Beaux-arts de Reims et Catherine Delot, commissaire, coordinatrice, conservateur en chef au musée des Beaux-arts de Reims Cette exposition est reconnue d'intérêt national par le Ministère de la Culture et de la Communication / Direction générale des patrimoines / Service des musées de France. Elle bénéficie à ce titre d'un soutien financier exceptionnel de l'Etat.
Bus : Lignes 2, 4 et 5, arrêt Rockfeller Tram: lignes A et B arrêt Opéra
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